HISTOIRE ET ÉVÉNEMENTS

Selon Salvaing de Boissieu dans Septem miracula Delphinatus, des déesses chassées de l'Olympe seraient venues s'y réfugier  et furent surprises dans le plus simple appareil par le chasseur Ibicus. L'affaire provoqua le courroux de Jupiter qui changea le voyeur en Bouquetin et sépara le mont sacré du reste du Vercors!

supereminet Au moyen âge, le Mont Aiguille, baptisé en latin Supereminet Invius qui signifie "Il se dresse, inaccessible", est perçu comme un énorme rocher d'une hauteur prodigieuse.

 Les dessinateurs de l'époque le représentent sous la forme d'un champignon ou d'une pyramide renversée. Sous l’ancien Régime, il jouit d’une popularité supérieure à celle des géants des Alpes, ignorés du plus grand nombre.

En 1211, Gervais de Tilbury, neveu du roi d'Angleterre Henri II, le décrit comme un mont inaccessible duquel choit une source transparente; au sommet, de l’herbe verdoie et l’on y voit parfois des draps blancs, étendus pour sécher, selon l’usage des lavandières. Les lambeaux de neige qui subsistent au printemps sur la prairie sommitale et l'imagination du narrateur juché sur la cime  du grand Veymont suffisent pour accréditer la légende des lavandières du Mont Aiguille.

Certaines des légendes qui s’y rapportent ont pu retenir l’attention des princes. La plate-forme sommitale apparaissait en effet, dans bien des esprits, comme une sorte d’Eden, un territoire préservé du monde profane.

1492, première au Mont Aiguille

A la fin du Moyen-age en 1490, le jeune roi Charles VIII impressionné par la silhouette de cette tour rocheuse lors d'un voyage de Lyon à Notre Dame d'Embrum, pour accomplir un pèlerinage sur les traces de de son père, le roi Louis XI le pieux, charge Antoine de Ville, seigneur de Dompjulien, spécialiste de l’assaut des places-fortes, de se risquer à l’ascension de la divine montagne. Cette expédition, authentifiée par un acte notarié, a été réalisée à la fin du mois de juin 1492. Yves Lévy, huissier de son état effectue le constat depuis le bas "Ne voulant pas s'exposer d'y monter par le danger qu'il y avait d'y périr et par l'impossibilité d'y arriver de peur  qu'il ne parût tenter le seigneur...". Antoine de Ville se fait assister par Sébastien de Carrecte, prédicateur apostolique, Reynaud, escalleur du roi (échelleur), Cathelin Servet, maître tailleur de pierres de l'église Sainte Croix de Montélimar, Pierre Arnaud maître charpentier de Montélimar, Guillaume Sauvage, laquais, Jean Lobret, habitant de Die, François de Bosco, aumônier. L'ascension est réalisée par cette équipe de "spécialistes" au moyen d'échelles, de cordes et de grappins.  Ils découvrirent "un beau pré qui demanderait 40 hommes pour le faucher, avec des fleurs de couleurs et de parfums divers, et une belle garenne de chamois". Antoine de Ville et ses compagnon séjournèrent plusieurs jours sur la prairie sommitale, y burent et y mangèrent, firent dire des messes, baptisèrent le mont "Agulle Fort", érigèrent 3 croix et bâtirent une petite maison de pierres sèches.
L’événement est aujourd’hui considéré comme l’acte de naissance de l’alpinisme. Il est cependant difficile de savoir ce qui a pu motiver une telle entreprise conquérante. Sans doute la date de cette ascension –correspondant à un autre événement majeur de la prise de possession de l’espace (la découverte du « nouveau monde » par Christophe Colomb)– témoigne-t-elle des motivations des souverains de l’époque désireux d’étendre leurs prérogatives sur des territoires nouveaux, assimilés, dans l’imaginaire de l’époque, au paradis terrestre. 
Rabelais évoque dans son Quart Livre quelques années plus tard l'expédition et la région. Il évoque une contrée "scabreuse, pierreuse, montueuse, infertile, mal plaisante à l'oeil, très difficile aux pieds et un peu moins inaccessible que le mont du Dauphiné, ainsi dit pour ce qu'il est en forme de potiron", son ascension, et la surprise des grimpeurs trouvant au sommet un vieux bélier, sans doute apporté là après avoir été enlevé tout agneau par quelque aigle ou duc chat-huant".

1940 La partie la plus haute du Mont Aiguille s'écroule, le sommet descend 11 mètres.

1957, un avion se pose sur le Mont Aiguille

Le 27 août 1957, Henri Giraud, virtuose de pilotage en montagne formé par Hermann Geiger le pilote des glaciers, pose un petit Piper J 3 américain sur la prairie sommitale. Henri Giraud avait commencé par escalader le Mont Aiguille par la voie normale. quelques jours plus tard 2 hélicoptères déposaient du matériel et des hommes pour aménager une piste sommaire de 80 mètres de long, 20 de large. Le même jour il  effectuera 3 rotations successives avant de récidiver sur la neige en 1959, accumulant au total 53 atterrissages entre 1957 et 1975 sur le porte-avion Mont aiguille. Images (virtuelles) de l'atterrissage sur le Mont Aiguille par Tonio Scramble: Go et vraies images de l'aterrissage:

1992, célébration nationale de la naissance de l'alpinisme.

Du 26 juin 1992 au 13 juillet 1992 fut organisé une série de manifestations à l'occasion du 500e anniversaire de la première ascension du Mont Aiguille, dont la signature d'une charte d'éthique et d'entraide, l'ascension d'une nouvelle voie d'escalade baptisée "la 500e", une ascension par des handicapés physiques, "les choralies du Trièves" avec 500 choristes, une rencontre internationale de vol libre, parapente, aile delta et ULM, et un spectacle pyrotechnique avec 200 figurants, "L'inaccessible Étoile".

 

Septembre 2000, le Mont Aiguille est à la une.

Le mont-Aiguille et le village de Chichilianne figurent au premier plan et au centre du montage photographique réalisé à l'occasion de la  campagne de promotion "Destination Isère" réalisée par le Comité départemental du Tourisme de l'Isère.
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Ce montage photo a pu être vu dans de nombreuses revues et dépliants publicitaires, mais aussi sur les bus Lyonnais et dans le hall de la gare de Lyon à Paris
(ci-dessous).

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